Rencontres du film court

FIFF 2014: trois questions à Laza

Trois questions à Laza, curateur section Nouveau Territoire Madagascar – FIFF 2014

Qu’est-ce que cela vous fait de venir présenter des films malgaches à Fribourg ?

Beaucoup d’émotions. On est en train d’écrire l’histoire du cinéma malgache en fait. C’est inédit dans l’histoire du cinéma malgache. Parmi les films que l’on va montrer, la moitié sont des premières mondiales et c’est la première fois que l’on va les voir sur grand écran. C’est très émouvant.


Comment définiriez-vous le cinéma malgache ?

Je pense qu’en l’état actuel, c’est un cinéma d’urgence. Les salles de cinéma ont fermé pendant plus de 20 ans dans le pays. Donc un jeune de 20-25 ans n’a jamais vu un film en salle de sa vie. On a tellement cette envie de raconter des histoires avec rien, parce qu’il n’y a pas d’industrie, il n’y a pas d’argent pour faire des films, que chaque film qui aboutit est un film utile.


Que souhaitez-vous que les festivaliers retiennent du cinéma malgache ?

Que pour une fois, ce sont les malgaches qui racontent leurs propres histoires. Depuis très longtemps, ce sont des étrangers qui racontent nos histoires. Nous avons enfin l’occasion d’offrir un point de vue original de ce qui se passe chez nous. De vivre les choses de l’intérieur. J’y vois beaucoup d’espoir. Au niveau politique il y a beaucoup de problèmes, mais il y a toujours et encore de l’espoir. C’est ça que j’ai envie de célébrer.


Propos recueilli par Stéphanie Tschopp / 29.03.2014

Publié par Cinécution

Source:http://cinecution.blogspot.ch/2014/03/fiff-2014-entrez-il-y-de-la-lumiere.html

« Le petit bonhomme de riz » de Randriamanantsoa un chef d’œuvre au festival de Clermont

Le petit bonhomme de riz de Ludovic Randriamanantsoa un chef d’œuvre au festival de Clermont-Ferrand qui rappelle le poète Rabéarivelo.

« La caméra tout comme le stylo est informative ou poétique. Les poètes de la plume ou de l’image transfigurent le réel le plus dramatique.  « Le petit bonhomme de riz » de Ludovic Randriamanantsoa est dans le sillage formel du « Vitrier nègre » du poète Jean-Joseph Rabéarivelo : « Le vitrier nègre/dont nul n’a jamais vu les prunelles sans nombre/… cet esclave tout paré de perles de verroterie ». Le proscrit laid devient le personnage principal beau, en l’occurrence respectivement : l’esclave et le gosse des rues. Le plat malgache de base étant le riz l’enfant des rues de Ramdriamanatsoa vole du riz en trouant les sacs des passants ou les étals des marchés. L’écriture poétique de Randriamanantsoa avare de mots, installe dans un plan d’ensemble désertique un passant isolé attendu par le petit voleur de riz, ou encore des gros plans sur les misérables utilisant les ustensiles servant à manger ou préparer le riz volé ; le tout accompagné par les bruits amplifiés de la vie qui à eux seuls deviennent rythme musical, lesquels se mêlent et s’ entremêlent à de la musique instrumentale. Sens et détournements de sens, tel que dans le prologue où avec des plans rapides les jeunes mendiants des rues déambulent entre les voitures en transformant les courtes paroles de mendicité en courtes paroles d’histoires explicitant leur triste condition humaine.

Il rejoint « Badou boy » du cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambety, lequel sur des plans d’un bidonville met l’hymne national. »

Thierry Sinda

Source: http://neonegritude33.afrikblog.com

Clermont 2014 : Luck Razanajaona parle de l’après école

Selectionné en compétition officielle au 36ème Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand pour son film « Madama Esther », Luck Razanajaona reviens sur son parcours au micro de Claire Diao.

Né et grandi à Tananarive, Luck Razanajaona suit un an d’études à la faculté d’économie puis abandonne : « A un moment donné, il y a des choses qui font qu’on ne se sent pas à sa place ».

Investi en parallèle dans des expositions d’art plastique et de photographie, Luck Razanajaona découvre que le cinéma est le médium idéal pour regrouper « l’ensemble des autres Arts » et toucher un maximum de personnes : « C’est très important pour avoir un retour sur son travail et s’assurer que notre message arrive jusqu’aux gens».
Il réalise alors de manière autodidacte les courts-métrages Un peu de lumière dans l’ombre du break (2007), A mon ami Sergueï et Ankizara (2008), avant d’intégrer l’Ecole des arts visuels de Marrakech (ESAV) lors de l’ouverture internationale de son concours d’entrée.
S’ensuivent trois années de formation intensive et la réalisation de quatre films – Ameo Rano (2009), Demain un autre jour, Travelers (2010) et Le géant et la lune (2011) : « dans des conditions importantes pour exercer mon métier : être formé en Afrique, au Maghreb m’a beaucoup appris sur mes capacités d’adaptation. Si j’avais été à La Fémis, cela ne m’aurait pas donné la même façon de voir le monde ». Son court-métrage suivant, Le zébu de Dadilahy était en compétition au Festival international de court-métrage de Clermont-Ferrand 2013 (France).

Bien que son projet de long-métrage Song of Tlou ait reçu le Prix Eclair au Pavillon Les cinémas du monde du Festival de Cannes 2012 ainsi qu’une résidence d’écriture au Moulin d’Andé-Céci (France), Luck Razanajaona ne parvient pas à le financer « d’une part du fait de la concurrence lors des appels à projets, d’autre part parce qu’il est difficile, à Madagascar, de trouver des personnes qui investissent dans le cinéma ».

Sélectionné en compétition internationale du 36e Festival international de court-métrage de Clermont-Ferrand avec son film Madama Esther, Luck Razanajaona nous parle ici de son expérience de retour au pays :

http://weloveafricanfilms.blogs.courrierinternational.com/media/01/00/2179151238.mp3

Claire Diao

Source: http://weloveafricanfilms.blogs.courrierinternational.com